Le directeur national de la Banque asiatique de développement (BAD) au Vietnam, Eric Sidgwick. Photo: mpi.gov.vn

En particulier, le Vietnam doit être capable de s'adapter aux défis car il peut faire face à différents chocs, incluant le changement climatique et la vulnérabilité commerciale, a-t-il déclaré dans un entretien accordé à l’Agence vietnamienne d’information (VNA).

Il a avancé six recommandations au gouvernement vietnamien pour y parvenir. Premièrement, le gouvernement doit continuer de maintenir la stabilité macroéconomique.

Deuxièmement, continuer de moderniser les infrastructures en tous secteurs, allant de l’énergie, des transports, du développement urbain, des projets de villes intelligentes à des plans de lutte contre le changement climatique. L'investissement dans le développement des infrastructures ne concerne pas seulement la quantité mais aussi la qualité.

Troisièmement, continuer de développer le secteur financier, renforcer le système bancaire, développer le marché des capitaux, non seulement le marché des obligations gouvernementales en développement mais aussi le marché des obligations d’entreprises, afin d’accroître tant en profondeur qu’en largeur ce secteur et de permettre davantage d’habitants à avoir accès aux financements.

Quatrièmement, faire face au changement climatique, en particulier lorsque le Vietnam est un des pays les plus vulnérables. Cinquièmement, développer les compétences humaines, en particulier la formation supérieure, technique et celle professionnelle. Ceci est particulièrement important dans le contexte de la 4è révolution industrielle.

Septièmement, continuer d’améliorer l'environnement d’affaires. Le rôle du gouvernement en tant que chef de file, consultant et fournisseur de services doit continuer d’être amélioré afin d’encourager les entreprises domestiques, y compris les entreprises privées. Il est particulièrement important que le gouvernement vietnamien continue d’accélérer la réforme administrative, d’améliorer l'efficacité et d’agir véritablement en tant que gouvernement d’action afin de créer un environnement ouvert pour aider le secteur privé à se développer.

Un atelier de la SARL d'habillement Tinh Loi, situé dans la zone industrielle de Nam Sach, province de Hai Duong (Nord). Photo: VNA

Selon M. Eric, avec une demande plus faible prévue aux États-Unis, au Japon, dans l'Union européenne (UE) et en Chine, lesquels représentent environ 60% des exportations vietnamiennes, il est évident que ces dernières ne seraient pas à l’abri des impacts.

Cependant, la bonne nouvelle est que le Vietnam a de plus en plus diversifié ses exportations. Avec la signature dans la perspective de nouveaux accords de libre-échange, dont celui avec l'UE, le Vietnam peut tirer parti, à court terme, des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, a-t-il estimé. Par ailleurs, le ralentissement relatif des exportations sera compensé par la forte demande intérieure, en particulier les dépenses personnelles, a-t-il ajouté.

En ce qui concerne les prévisions récentes de la BAD selon lesquelles la croissance économique du Vietnam serait de 6,8% en 2019 et de 6,7% en 2020, M. Eric a déclaré que même si la progression pourrait être plus modeste que celle de 7,08% en 2018, ces rythmes sont très élevés et démontrent une durabilité.

Selon lui, tous les secteurs tels que l’agriculture, l’aquaculture, l’élevage, l’industrie, la construction, la fabrication et les services fonctionnent bien pour l’instant et continueront d’être maintenus en 2019.

Dans le même temps, le Vietnam continue d’attirer un flux d’investissements - un facteur déterminant pour la croissance future, a-t-il conclu.

CPV/VNA