François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, le 18 octobre 2019 à Washington.Photo: AFP

Alors que lundi 9 mars, une réunion des principales organisations patronales devait se tenir à Bercy autour du ministre de l’économie, Bruno Le Maire, et de Muriel Pénicaud, ministre du travail, pour faire le point sur l’impact du Covid-19 sur l’activité des entreprises, la Banque de France a abattu ses cartes en révisant à la baisse de 0,2 point la progression du PIB pour le premier trimestre 2020.

La croissance du produit intérieur brut sur les trois premiers mois de l’année devrait être de 0,1 % au lieu du 0,3 % initialement prévu. Fait notable, l’essentiel de la révision provient non pas de l’activité de janvier et février, où elle a bien résisté, mais des anticipations pour les semaines à venir. « Les chefs d’entreprise prévoient dans la plupart des secteurs un repli en mars dans le nouveau contexte créé par l’épidémie de coronavirus », souligne en effet la Banque de France, en s’appuyant sur une enquête réalisée entre le 26 février et le 4 mars auprès de 8 500 entreprises.

Au total, 19 % des entreprises interrogées anticipent un impact du Covid-19 sur leur activité future, avec de fortes disparités selon les secteurs. Dans l’industrie, la plupart des domaines d’activité enregistreraient une baisse de la production, qui serait plus marquée dans le secteur automobile, les équipements électriques, les produits informatiques, la pharmacie. Dans les services, ce sont l’hébergement et la restauration, le transport et le travail temporaire qui anticipent les baisses les plus marquées. Trois secteurs seulement échappent au marasme : l’agroalimentaire, la chimie et le papier.

CPV/AFP/Lemonde