Des médecins soignent un patient à l'accueil des urgences, installées dans une tente, dans une cour de l'hôpital Henri Mondor à Créteil, près de Paris, le 30 mars. Photo : AFP


Cette "épidémie inédite, sévère, meurtrière", selon le Directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a désormais causé 3.024 décès au total dont 418 au cours des dernières 24 heures - la plus forte hausse constatée jusqu'à présent.

Ce "virus très contagieux, avec une diffusion rapide" qui exerce "un impact sans précédent" sur les 717 établissements de santé mobilisés, selon le Pr Salomon, a obligé à hospitaliser plus de 21.000 patients : parmi eux, plus de 5.100 sont en réanimation, soit 475 de plus depuis dimanche 29 mars.

Parmi ces cas lourds, 34% ont moins de 60 ans et 64 malades ont moins de trente ans.

Face à ce monstre tueur, "aucun médicament au monde n'a fait la preuve de son efficacité" a rappelé lundi 30 mars le Pr Salomon qui a également mis en garde contre l'automédication.

"C'est assez choquant pour un soignant de voir un patient encore capable de communiquer et, deux heures après on les envoie en réa car ils manquent d'oxygène et ils commencent à tomber dans une sorte de coma" a témoigné un infirmier à Bordeaux qui a requis l'anonymat. "Pour les équipes, c'est assez angoissant, ça veut dire qu'il ne faut pas qu'on passe à côté du moindre signe de dégradation."

Des masques par avion 

Pour faire face à cette phase encore plus difficile qui commence, des cargaisons de masques continuent d'arriver en France en provenance de Chine.

Un avion cargo en a déposé une dizaine de millions lundi 30 mars sur l'aéroport Paris-Vatry (Marne) dans le cadre du pont aérien entre la Chine et la France. Seize vols sont programmés sur cet aéroport.

La France attend un milliard de masques sur 14 semaines, selon le ministère de la Santé. Le pays a besoin de 40 millions de masques par semaine et n'en fabrique que 8 millions, selon le ministre, Olivier Véran.

Mardi matin 31 mars, Emmanuel Macron a visité l'usine de masques de la PME Kolmi-Hopen en périphérie d'Angers (Maine-et-Loire), pour "montrer la mobilisation exceptionnelle de notre industrie pour faire face aux besoins liés à la crise du COVID-19".


AFP