Le colloque international intitulé «Relations franco-vietnamiennes sous l’angle géopolitique» s'est tenu ce matin 15 mai à Hanoi, sous les auspices de l’Académie diplomatique du Vietnam. Photo: XD

Etaient présents M. Dinh Toan Thang, directeur du Département de l’Europe relevant du ministère des Affaires étrangères, également correspondant national du Vietnam auprès de l’Organisation internationale de la Francophonie ; M. Etienne Rolland-Piegue, conseiller de coopération et d’action culturelle et directeur de l’Institut français du Vietnam ; M. Nguyên Vu Tung, président de l’Académie diplomatique du Vietnam ; ainsi que des professeurs et chercheurs vietnamiens et français de réputation internationale.

Des débats passionnants
A la cérémonie d’ouverture, M. Nguyên Vu Tung, président de l’Académie diplomatique du Vietnam, a déclaré que «ce colloque intervient dans le cadre du 45e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques et du 5e anniversaire de partenariat stratégique entre le Vietnam et la France. Il s’agit d’une occasion pour que nous, les chercheurs vietnamiens et français, puissions discuter des enjeux géopolitiques des relations Vietnam-France, puis donner des propositions en vue de consolider la coopération bilatérale».
 
«Ce colloque constitue un rendez-vous entre personnes qui ont déjà eu, ont et auront des contributions aux relations d’amitié Vietnam-France», a-t-il souligné.

M. Etienne Rolland-Piegue a rappelé les propos du Président de la République française Emmanuel Macron tenus le 27 mars à l’Elysée lors de la visite du Secrétaire général du Parti Communiste du Vietnam, selon lesquels «le Vietnam est un partenaire naturel pour l’approfondissement des liens entre la France et l’Asie du  Sud-Est, et les intérêts stratégiques du Vietnam et de France dans cette région sont convergents».

Toujours selon ces propos, le Vietnam et la France sont tous les deux attachés au respect du droit international comme à la liberté de navigation. Le fait que la France soit une puissance maritime présente dans la région, qu’elle ait la capacité d’accompagner l’autonomie stratégique de ses partenaires est un élément essentiel en la matière.

M. Etienne Rolland-Piegue prend la parole lors de ce colloque. Photo: XD

M. Dinh Toan Thang, représentant du ministère des Affaires étrangères, après avoir rappelé des jalons importants dans les relations franco-vietnamiennes, a indiqué que «la signature de la Déclaration de partenariat stratégique en septembre 2013 avait pour but de donner un nouveau souffle aux relations bilatérales dotées de nombreux atouts tant politique, stratégique qu’économique, scientifique et culturel. En 2017, la France est devenue le 3e investisseur européen au Vietnam, derrière les Pays-Bas et la Grande-Bretagne. Elle ne représente que 1% des échanges internationaux du Vietnam et le français y cède du terrain face à l’anglais. Ces résultats sont satisfaisants mais insuffisants».

Selon lui, 45 ans, c’est l’âge de la maturité. Les relations franco-vietnamiennes nécessitent désormais de nouvelles idées, originales, et des actions audacieuses des deux côtés afin de retracer un nouveau cadre régissant des relations bilatérales exemplaires à l’heure de mondialisation et de régionalisation.

«L’histoire n’est pas conçue toute seule, elle nécessitera la fécondité engendrée conjointement par les deux partenaires», a souligné M. Duong Van Quang, ancien président de l’Académie diplomatique du Vietnam, ancien ambassadeur du Vietnam à l’Unesco, dans son intervention. 

Certes, le Vietnam et la France n’ont pas été des partenaires naturels liés par des intérêts spéciaux comparables aux relations franco-africaines. Mais ils ne se sont pas tournés le dos, malgré les vicissitudes de l’histoire. La France a été toujours au rendez-vous quand le Vietnam a eu besoin de conseils et soutiens : le discours de Phnom-Penh du général de Gaulle en 1966, la visite du Président François Mitterrand au Vietnam en 1993, le 7e Sommet de la Francophonie à Hanoi en 1997, la signature de la Déclaration de partenariat stratégique en 2013, et la visite du Secrétaire général du Parti Communiste du Vietnam Nguyên Phu Trong en France en mars 2018.

«Nous vivons à l’heure actuelle dans un monde en pleine mutation, ce qui est juste est bien fondé aujourd’hui ne l’est plus le lendemain. Donc, le Vietnam et la France devront redéfinir les intérêts communs. Le processus de mondialisation et de régionalisation dont le Vietnam et la France sont des acteurs actifs imposeront des contraintes de part et d’entre. Ces relations bilatérales ne devront pas aller à l’encontre des engagements aussi bien internationaux que régionaux pris par le Vietnam et la France. En particulier, ces relations devront évoluer dans le cadre des relations UE-Asean», a suggéré M. Quang.

Il a aussi cité les propos de M. Jean-Baptiste Lemoyen, secrétaire d’Etat français auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, à la cérémonie inaugurale du 45e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques tenue à l’ambassade de France à Hanoi selon lesquels «une célébration ne doit pas être juste la commémoration, la nostalgie, elle doit être l’action, le fait d’aller de l’avant, d’imaginer un nouvel avenir pour cette relation, toujours plus forte».

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