Table ronde sur la première série française de manga "Stray Dog", le 24 août à L’Espace - l’Institut français de Hanoï.

Une cinquantaine d’amoureux de mangas, et de bandes-dessinées en général, se sont réunis le 24 août à L’Espace - l’Institut français de Hanoï - lors de la table ronde sur la première série française de manga traduite et publiée au Vietnam: Stray Dog de la dessinatrice VanRah.

Pour commencer la séance, Dô Thi Minh Nguyêt, un responsable de l’Institut français du Vietnam (IFV), s’est déclarée heureuse d’apprendre que l’Institut français de Paris s’est fait le sponsor de l’achat des droits d’auteur du manga.

"Il n’y a pas beaucoup de lecteurs qui connaissent des mangas français de qualité. Nous croyons fortement que le support de l’Institut français pourrait présenter au public vietnamien un manga de renom international", a souligné Dô Thi Minh Nguyêt.

Stray Dog raconte l’histoire des deux personnages principaux Aki et Toru, qui découvrent le monde fantastique de la bête du Gévaudan. Depuis la publication du premier tome en 2013, la série a vendu quelques 283.000 unités, et a remporté de nombreux prix internationaux de bandes-dessinées.

Présente via une vidéo préenregistrée, l’auteure de Stray Dog - la dessinatrice VanRah - s’est dite fière que son ouvrage soit traduit en vietnamien. "Je crée tout d’abord les personnages, avant d’écrire les histoires pour les mettre en scène et les mettre en lien, a-t-elle partagé. J’ai mis d’énormes détails au niveau des costumes, des décorations… Je voudrais que ce soit le plus réaliste possible, même dans un monde fantastique."

La porte ouverte au marché vietnamien

Les intervenants ont ensuite partagé avec le public sur les traits intéressants de Stray Dog. "Ce qui m’impressionne le plus, c’est que VanRah travaille toute seule, de A à Z. En réalité, son style et ses techniques sont vraiment méticuleux", a remarqué l’illustrateur Dang Hông Quân. Il a aussi trouvé les efforts de l’auteure française dans le rapprochement aux mangas japonais. "À ma connaissance, les bandes-dessinées franco-belges ont 4 couleurs dominantes, mais ici VanRah n’utilise que le noir et le blanc. En plus, l’histoire se prolonge en plusieurs tomes remplis de mélancolie, à la différence des ouvrages occidentaux qui préfèrent des histoires plus légères".

Le jeune écrivain Nhât Phi était quant à lui étonné car en dépit des caractéristiques très japonaises du manga, Stray Dog comprend également des marques distinctes reconnaissables. "J’ai vu des ressemblances entre ses dessins avec des mangas vietnamiens d’il y a une dizaine d’années. Sa narration est similaire au style japonais, mais la mise en page des dessins est plutôt occidentale, a souligné Nhât Phi. C’est aussi très intéressant de trouver des critères 'féminins' (sojo) dans +Stray Dog+."

Particulièrement, les intervenants ont estimé que Stray Dog ouvrait la porte des mangas français au public vietnamien - un marché qui reconnaît depuis longtemps des concurrences entre bandes-dessinées asiatiques, américaines et européennes.

"Je n’ose pas qualifier que tel ou tel manga est français. Mais je crois que les lecteurs vietnamiens attendent toujours des nouvelles vagues et tendances de manga du monde", a confirmé Nhât Phi.

Tel était aussi le partage de Trinh Thu Hà, responsable de l'agence de communication Amak Books. "Après +Stray Dog+, nous souhaitons présenter d’autres bandes-dessinées contemporaines françaises aux jeunes lecteurs, afin de souffler un vent de diversité sur le marché vietnamien."

CPV/VNA