Ngoc Quang apprend le vietnamien à des enfants d’origine vietnamienne à Portland (photo: CVN)

Nguyên Ngoc Quang, 28 ans, s’est envolé en août 2007 pour les États-Unis, avec pour seuls bagages 1.500 dollars offerts par sa mère et une volonté de fer. Étudiant à l’Université de Southern Maine en management, il vivait avec son oncle maternel à Portland, la plus grande ville de l’État du Maine. «Les premiers jours, je me levais très tôt le matin. Je parcourais à vélo environ 8 km pour aller à l’université et je ne rentrais à la maison qu’après 22h00», se souvient-il. 

Bien qu’il fût un bon étudiant, Ngoc Quang avoue qu’il a connu quelques difficultés avec la pratique de l’anglais. Il n’a pas pu parler tout de suite correctement cette langue étrangère et échanger facilement avec les Américains. Pour lui, la barrière de la langue, la différence culturelle, la nourriture et le transport étaient sources de grandes difficultés. 

Surmonter les obstacles 
Après un temps d’adaptation, Ngoc Quang a fini par parler couramment l’anglais. Durant ses années d’études à l’université, il a enchaîné les petits boulots. Cela lui a permis de gagner un peu d’argent, mais surtout de perfectionner son anglais. Il a travaillé dans des salons de manucure, des restaurants, sur des chantiers, ou encore dans des usines agroalimentaires. 

Il y a des moments où Ngoc Quang travaillait des dizaines d’heures par semaine dans un restaurant thaïlandais à Portland. Aîné d’une famille de quatre enfants, il s’est occupé non seulement de lui-même, mais a aussi financé une partie des études de son petit frère qui l’a rejoint aux États-Unis peu de temps après lui. Quand sa famille n’avait pas les moyens de payer leurs frais d’études, Ngoc Quang n’a pas hésité à mettre entre parenthèse son cursus d’études à l’université afin de gagner de l’argent pour pouvoir financer les études de son petit frère. 

Son rêve de devenir millionnaire 
Peu de temps après le terme de ses études en 2010, diplôme en poche, Ngoc Quang a rapidement trouvé un emploi en tant que conseiller dans le secteur financier et de l’assurance. C’est lors de ce travail que sa passion pour le monde des affaires est née. Une idée a alors germé dans son esprit : celle de créer son entreprise.

Ngoc Quang s’est fixé l’objectif de devenir millionnaire à l’âge de 30 ans. Pour y parvenir, il a décidé d’acheter un commerce chaque année, jusqu’en 2019. 

«Pour chaque période, je me fixe toujours un objectif à atteindre. Cela me permet de savoir si je suis sur la bonne voie», confie-t-il. Il s’est finalement lancé dans l’aventure en 2014 après avoir bien étudié le cas des salons de manucure ayant connu un grand succès. Son premier salon, baptisé Star Nails, a vu le jour en 2014 dans la ville de Windham de l’État du Maine. Il a réalisé des bénéfices dès sa deuxième année d’exploitation. Trois ans plus tard, en 2017, Ngoc Quang a inauguré son deuxième salon dans le bourg de Cape Elizabeth de l’État du Maine. 

En 2016, il a racheté un magasin qui avait fermé ses portes pendant six mois à South Portland (ville du Comté de Cumberland, dans le Maine) et en a fait une supérette baptisée Le Variety. 

«Au départ, les clients étaient principalement des locaux. Après la mise en vente du +banh mi+ (sandwich vietnamien), mon magasin a attiré beaucoup de gens venant de plus loin», se réjouit Ngoc Quang. En six mois, le banh mi de Le Variety a fait l’objet de deux articles parus dans le journal The Portland Press Herald, dans la rubrique Gastronomie. Il a fait fureur auprès des Américains. 

Un homme de cœur 
«Les clients de Le Variety sont issus de différentes couches de la société. Certains connaissent de grandes difficultés financières et ne subsistent que grâce aux subventions gouvernementales» dévoile Ngoc Quang. Quand ils n’ont pas les moyens de se payer de quoi manger, ils n’ont d’autres choix que de s’endetter jusqu’au prochain mois. 

Pour l’heure, Ngoc Quang a créé 15 emplois. La plupart sont des travailleurs d’origine vietnamienne. Cependant, il avoue que son travail principal est toujours conseiller dans le secteur financier et de l’assurance. Il a d’ailleurs créé une entreprise spécialisée en la matière en 2015 : Win Financial Strategies. 

Bien qu’il soit très occupé, Ngoc Quang n’oublie pas de réserver du temps à l’engagement associatif. Depuis 2010, il organise des cours de vietnamien gratuits en faveur des enfants d’origine vietnamienne. C’est lui qui anime les séances qui ont lieu le week-end. Il se propose aussi d’aider les élèves pour ce qui concerne les formalités juridiques, les soins médicaux, etc. 

Ce jeune homme d’affaires est également un vrai optimiste qui a confiance en l’avenir. Questionné sur ses futurs projets, il répond sans hésitation : «Je vais ouvrir un cabinet de conseil en fiscalité et en assurance en faveur des Vietnamiens. Je compte aussi étudier et développer le modèle d’élevage de crevettes en aquarium aux États-Unis». Enfin, il a aussi l’ambition de développer son magasin Le Variety, en proposant de nombreux plats vietnamiens supplémentaires. 

Il aura fallu deux ans à Ngoc Quang pour enfin réaliser son rêve de devenir millionnaire. Il a fait savoir qu’il est actuellement en train d’étudier le marché vietnamien pour chercher de bonnes opportunités d’investissement au Vietnam.

CPV/CVN