La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde. Photo: lesechos.fr

Face au ralentissement de l'économie mondiale en cours, les principaux ministres des Finances et gouverneurs de banque centrale auront bien du mal à accorder leurs violons. A Washington où se tiennent vendredi et samedi les réunions traditionnelles de printemps du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, sa directrice générale, a souligné la baisse de régime de 70% de l'économie mondiale et exhorté à une coopération internationale renforcée.

« Cela passe par une réforme de la fiscalité internationale des entreprises, un renforcement des règles de concurrence, la lutte contre la corruption, la réforme de l'organisation mondiale du commerce », a-t-elle indiqué jeudi à sa conférence de presse d'ouverture des réunions. 

« Tous les décideurs politiques doivent utiliser tous les outils qu'ils ont à leur disposition. Pour les pays qui le peuvent budgétairement, il leur faut accroître leurs investissements tandis que d'autres doivent reconstituer des réserves pour faire face à un ralentissement qui se profile. Les politiques monétaires doivent rester accommodantes » a-t-elle souligné.

Les ressources du FMI en débat
L'un des dossiers qui sera abordé lors de ces réunions à Washington portera sur la question des moyens financiers dont dispose le FMI pour conjurer tout risque de crise majeure. Les actionnaires de l'institution multilatérale ont jusqu'à la fin de l'année pour décider d'un accroissement de ses ressources et d'une adaptation de son actionnariat visant à mieux prendre en compte le poids de ses pays membres dans l'économie mondiale. Mercredi, Stephen Mnuchin, le secrétaire au Trésor américain, a quelque peu douché les espoirs de progrès. A ses yeux, le FMI a suffisamment de fonds et il « n'y a pas besoin » d'une augmentation des quotes-parts pour l'instant.

Solution de compromise

« Tout au plus peut-on espérer dans ce contexte, le maintien des ressources à leur niveau actuel », indiquait une source à Bercy. L'idée en cours serait de doubler le niveau des nouveaux accords d'emprunts que le FMI peut obtenir auprès de 38 de ses pays membres et qui s'élèvent actuellement à 500 milliards de dollars. Ce relèvement compenserait la fin à venir des accords de prêts bilatéraux conclus entre le FMI et certains pays en 2012 pour un montant d'environ 370 milliards de dollars. A la différence de la Banque Mondiale l'an passé, une augmentation de capital du Fonds n'est pas à l'ordre du jour.

CPV/Lesechos