La flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris, en feu, quelques minutes avant de s’effondrer, le 15 avril. Photo: Reuters

Elle était joliment surnommée la «forêt». L’immense charpente en chêne de Notre-Dame, de 110 mètres de long de Notre-Dame, 13 mètres de large et 10 mètres de haut, achevée au début du XIIIe siècle, et dont certains éléments dataient du VIIIe siècle, est intégralement partie en fumée, de même que la quasi-totalité de l’immense toiture en plomb. La flèche, comme un symbole, s’est effondrée peu avant 20 heures sous la morsure des flammes attisées par un vent puissant. Perchée à 93 mètres de haut, elle n’a pas pu être atteinte facilement par les lances à eau des pompiers.

Longtemps menacé, le beffroi nord en surplomb du parvis, dont la chute aurait entraîné celle de sa tour jumelle, au sud, et la destruction irréversible de la grande rosace, a échappé au pire, grâce à l’engagement, au plus près, des soldats du feu parisiens. En revanche, on ne sait pas encore à quel point les grandes orgues de la cathédrale ont souffert du sinistre.

Tel est, pour l’heure, le triste bilan de cet incendie. Pour l’instant. Car il était bien sûr encore trop tôt, mardi matin, pour mesurer complètement l’ampleur des dégâts. Les appareils en pierre, renforcés par des armatures en acier «soudées» au plomb, ont certainement souffert de l’intensité du brasier dont la température serait montée jusqu’à plus de 800 degrés. Sans parler des effets néfastes des grandes, mais nécessaires, quantités d’eau qui peuvent dégrader de manière irrémédiable les nombreux trésors contenus dans l’enceinte de la cathédrale.

Doser l’impact de l’intervention des pompiers

A l’inverse d’un bâtiment «ordinaire», la difficulté pour les pompiers a consisté à devoir circonscrire les flammes, en même temps que de doser l’impact de leur intervention afin de ne pas mettre en péril l’exceptionnelle qualité patrimoniale du site.

La voûte en pierre a été fragilisée, ainsi que l’ont rapporté les pompiers, mais elle a tenu. Sa fonction originelle est précisément d’empêcher la propagation du feu. «Tandis que le feu tend à monter, son rôle est de faire écran entre la charpente et le volume des nefs en contrebas», souligne l’architecte en chef des monuments historiques François Châtillon. Au Moyen Age, les constructions étant toutes en bois, un sinistre de cette ampleur aurait intégralement embrasé le quartier.

En dépit de l’ampleur inédite du sinistre, «la structure de Notre-Dame de Paris est sauvée et préservée dans sa globalité», ont expliqué, dans la soirée, les sapeurs-pompiers. Mardi matin, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’intérieur, Laurent Nunez, s’est montré un peu moins optimiste, expliquant qu’il y a «des doutes sur comment la structure va résister».

Lemonde.fr