Voici le partage de la Croate Arijana Tkalcec, 24 ans, coincés au Vietnam à cause de la pandémie.

Après avoir obtenu mon diplôme universitaire, moi et mon copain avons décidé de voyager en Asie du Sud-Est pendant 7 mois. Nous avons commencé en janvier, lorsque des cas de nCoV sont apparus en Chine. Nous sommes allés à Bali, en Indonésie et y sommes restés un mois. Ensuite, nous sommes venus au Vietnam et prévoyions d’y rester pendant 3 mois. Mais alors la pandémie a éclaté.

Arijana Tkalcec et son copain ont voyagé à  Ho Chi Minh-Ville et exploré le delta du Mékong pendant la première moitié de leur séjour au Vietnam. Photo: Croatia week


Pendant les deux premières semaines, le voyage a été parfait. Nous sommes entrés au Vietnam lorsque le pays était sûr car aucune nouvelle infection n'avait été signalée depuis plusieurs jours. La seule chose particulière était la vérification de la température avant de visiter les musées.

A Mui Ne, tout a commencé à changer. Les cas de contamination ont commencé à augmenter en Europe et un cas de nCoV est apparu à Phan Thiet le 10 mars. Après, de nouveaux cas ont été progressivement annoncés. La ville habituellement animée et bondée de touristes est progressivement devenue déserte. Restaurants et hôtels ont fermé.

Comme la situation épidémique au Vietnam n'était pas si mauvaise, nous avons continué à Da Lat. Mais ensuite, certains problèmes ont commencé à apparaître. On nous a refusé l'accès à un restaurant   parce que nous étions des étrangers. Les gens portaient immédiatement un masque lorsque nous passions. Ils avaient peur de nous. Je me sentais  mal à l'aise. Enfin, nous nous sommes posé la question: rester ou rentrer à la maison?

Puis les pays du monde ont  commencé à fermer leurs frontières, la situation en Europe a empiré. Après des discussions avec la famille et les amis qui étaient dans la même situation, nous avons décidé de rester au Vietnam.

Une touriste fait vérifier sa température corporelle avant de visiter le musée des vestiges de guerre à Ho Chi Minh-Ville. Photo: Croatia week


Après cette décision, nous avons agi rapidement. Si le Vietnam se fermait comme d'autres pays, nous aurions aussi eu des difficultés. Da Nang fut le premier nom auquel nous avons pensé. C'est une grande ville et nous pouvions avoir tout ce dont nous avions besoin pour une vie normale.

Lorsque nous sommes arrivés à la gare de Da Nang, nous avons été choqués de voir des gens portant des équipements de protection et des policiers à l'entrée. Une personne tenant une pancarte en anglais nous a expliqué les procédures à suivre, car nous étions les seuls touristes. Au début, j'avais peur de voir les autorités. "Que vont-ils me faire?" Mais au final, il ne s'est rien passé.

Ils  ont été très gentils et sympathiques. Ils ont mesuré la température et nous ont demandé de désinfecter nos mains deux fois. En tant que visiteur international, nous avons téléchargé l'application Déclaration médicale et rempli  les informations. Chaque jour, l'application nous   demandait si nous nous sentions bien ou s'il y avait des symptômes. De cette façon, l'autorité sanitaire a pu surveiller notre santé et nous soutenir.

Nous sommes arrivés à Da Nang à la dernière minute, alors que la ville commençait à fermer ses lieux publics. La plage était fermée, des policiers et des sauveteurs patrouillaient dans la zone pour empêcher les nageurs. Les gens en public portaient des masques. Pendant 22 jours de distanciation sociale en avril, nous sommes restés à l’hôtel et avons cuisiné nous-mêmes, sommes allés au marché une fois par semaine et n'avons eu aucun mal à trouver de la nourriture.

En comparant le nombre d’infections et de  décès dus au nCoV au Vietnam avec le monde, nous constatons que c'est l'un des pays qui a le mieux géré la crise. C'est pourquoi je me sens en sécurité ici. Le gouvernement a toujours été actif dans la propagande sur la prévention et la lutte contre nCoV. Jusqu’a présent, il n'y a eu aucun décès au Vietnam.

Arijana Tkalcec et son copain sont toujours au Vietnam. Sur son compte Twitter, Arijana Tkalcec a déclaré le 19 mai: "Il est incroyable que nous soyons au Vietnam depuis 3 mois. Ce n'était  pas le  plan initial. Mais pour l'instant, je n'ai rien à redire. Nous nous sentons vraiment chanceux d'être coincés ici"./.

CPV