Lors du séminaire sur  "L'impact environnemental du trafic urbain", l'expert français en urbanisme Yann Maublanc a souligné que l'impact du trafic sur la qualité de l'air était un défi commun à toutes les  grandes villes du monde.

En particulier, pour Hanoï, ce défi est beaucoup plus grand car c'est une ville qui se développe économiquement et socialement. Sa qualité de l'air se détériore à telle ponte qu’elle est considérée comme l'une des villes les plus polluées  au monde.

Le Vietnam compte actuellement environ 50 millions de motos en circulation, soit environ 50% de sa population. Malgré  l'épidémie de Covid-19, le nombre de motos vendues en 2020 atteindra environ 2,71 millions d'unités.

A Hanoï, environ 5,64 millions de véhicules à moteur sont immatriculés. Le ratio véhicules à moteur/population est de 77,1%, avec environ 5,04 millions de motos. Cela n'inclut pas les véhicules non immatriculés, d'origine inconnue...

"Le trafic routier est l'une des principales sources de pollution de l'air, avec environ 27% de poussières fines, 56% d'azote et 29% d'émissions", a déclaré M.  Maublanc. En particulier, les émissions d'azote et les poussières fines sont des substances toxiques qui affectent gravement la santé humaine.

Selon des données communiquées par le Département de la protection de l'environnement de Hanoï, la concentration de poussières fines dans l'air est 2 à 3 fois supérieure au niveau autorisé. La pollution a également tendance à être plus sévère en hiver (de septembre à mars).

"Les principes de la planification des transports urbains visent toujours à donner la priorité aux transports publics pour résoudre les problèmes de circulation", a-t-il souligné. Ainsi, le transport de 240 passagers utilise généralement en moyenne 180 voitures et motos, mais ne nécessite que 3 bus ou 1 métro.

Les transports publics permettent de réduire les émissions de gaz polluants,   les embouteillages et de limiter les accidents. Cependant, les transports publics dans la ville sont encore limités, et pas à la mesure de son niveau de développement socio-économique. Hanoï ne compte en effet que 125 lignes de bus, 2 lignes de métro et 1 ligne de bus rapide (BRT).

Tiré profit de la forte densité de population


Selon M. Yann Maublanc, la faiblesse des transports en commun est liée au manque d'informations sur les itinéraires, la qualité relativement médiocre des arrêts de bus, les véhicules détériorés et la manque de planification. Les transports publics représentent actuellement environ 10% du transport total de passagers.

Lors du séminaire, l'expert français des transports Vincent Szaleniec a suggéré que Hanoï pourrait prendre des mesures pour résoudre ses problèmes de circulation urbaine, telles que renforcer le réseau de transports publics, utiliser les véhicules personnels de manière responsable et encourager la marche ou le vélo.

Concernant le réseau de transports publics, M. Szaleniec a affirmé que Hanoï a un énorme avantage grâce à sa forte densité de population. "Plus la ville est peuplée, plus il est facile de déployer les transports publics".

"Hanoï peut choisir le modèle de planification TOD (développement urbain basé sur les transports publics, prenant les transports publics comme point de concentration de la population). Actuellement, de nombreuses villes modernes à travers le monde appliquent  avec succès ce modèle, a proposé M. Yann Maublanc./.

CPV