Le Premier ministre japonais Suga Yoshihide. Photo: Nikkei Asia

 

C’est la deuxième fois consécutive qu’un chef de gouvernement japonais choisit le Vietnam comme première destination d’une première tournée à l’étranger, preuve d’une confiance politique renforcée et d’une bonne relation entre les deux pays. Le Japon est un partenaire de première importance, pour notre pays. Il est non seulement notre premier fournisseur d’aides publiques au développement, mais également notre deuxième plus grand investisseur étranger.

Une politique immuable
Ce choix qu’a fait Suga Yoshihide de se rendre au Vietnam alors qu'il vient à peine d'être investi traduit sa volonté de poursuivre la politique extérieure de son prédécesseur Abe Shinzo. Cette visite annoncée témoigne d’ailleurs d’une certaine continuité dans la politique de Tokyo vis-à-vis de Hanoï dont les grandes lignes ont été définies en 2014, lorsque les deux pays ont signé une déclaration commune sur un «partenariat stratégique ample et profond pour la paix et la prospérité».

Les deux pays sont liés par un partenariat d’exception depuis 1992, date à laquelle Tokyo a décidé d’accorder à notre pays des aides publiques au développement. Pour rappel, le Japon a été le premier pays du G7 à avoir accueilli un secrétaire général du Parti communiste vietnamien, en 1995. Il est également le premier pays du G7 à avoir établi un partenariat stratégique avec notre pays, en 2009, et à avoir invité un dirigeant vietnamien à participer au sommet du G7 élargi, en 2016.

Pour en revenir aux aides publiques au développement japonaises, elles ont augmenté d’année en année, au point de représenter désormais le tiers des aides étrangères accordées au Vietnam. Ces aides ont été utilisées essentiellement pour réduire la pauvreté et moderniser les infrastructures au service du développement économique. De nombreux ouvrages financés par le gouvernement japonais sont ainsi devenus autant de symboles de la coopération vietnamo-nipponne. On pense notamment aux aéroports internationaux de Nôi Bai et de Tân Son Nhât ou encore au pont Nhât Tân.

Le Vietnam et le Japon sont unis par une relation d’exception. Photo: vir.com.vn

«Le Vietnam et le Japon sont unis par une relation d’exception. Tokyo prend en haute considération sa coopération avec Hanoï dans tous les domaines. La présence japonaise au Vietnam est donc très forte. Le Vietnam est un marché privilégié pour les investisseurs japonais en Asie du Sud-Est. Le Japon est aussi notre premier bailleur de fonds», constate Nguyên Quôc Dung, vice-ministre vietnamien des Affaires étrangères.    

Pour un partenariat fiable
Cette visite de Suga Yoshihide devrait sans nul doute apporter un nouveau souffle au partenariat entre nos deux pays. Le Premier ministre nippon devrait en effet envisager avec son homologue vietnamien Nguyên Xuân Phuc de nouvelles mesures destinées à dynamiser la coopération bilatérale en matière de transition numérique, de télécommunications et d’énergies renouvelables. Comme l’a très justement fait remarquer Yamada Takio, l’ambassadeur du Japon au Vietnam, la relance économique de chacun des deux pays devrait s’en trouver facilitée. 

«Le Vietnam pourrait jouer un rôle important dans le processus de redressement du Japon», a-t-il estimé. «La coopération économique entre nos deux pays est déjà très fructueuse. Mais elle est appelée à se renforcer dans la perspective du 50e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques».   

Lors de son séjour au Vietnam, Suga Yoshihide devrait donc discuter avec son homologue vietnamien des grandes orientations de la coopération. Mais ce sont les questions économiques qui devraient dominer leur entretien.

CPV/VOV