Deux touristes étrangers dans l'ancienne cité de Hôi An. Photo: Toquoc

HSBC estime que le succès de la reprise de l'industrie «sans fumée» dépendra de nombreux facteurs tels que les taux de vaccination et la réouverture des vols internationaux.

Dans son rapport récemment publié, HSBC a déclaré que la réouverture des frontières et la revitalisation de l'industrie du tourisme sont récemment devenues un point lumineux pour les pays de l'ASEAN. Au Vietnam, le plan de réouverture n'est pas vraiment aussi ambitieux que dans les pays voisins, mais les touristes entièrement vaccinés sont très favorables à la décision de rouvrir en novembre destinations touristiques sans nécessiter de quarantaine.

«Cette réouverture est une occasion appropriée pour revenir sur l'industrie du tourisme et proposer un certain nombre de nouveaux projets et politiques de développement pour contribuer à la reprise du Vietnam», a indiqué le rapport de HSBC.

Alors que le variant Delta recule progressivement grâce à l'augmentation de la couverture vaccinale, les décideurs politiques de l'ASEAN ont commencé à devenir plus confiants dans leur capacité à assouplir les restrictions sur la prévention des épidémies et à rouvrir les frontières. Le tourisme est une priorité pour de nombreux pays car ce secteur a un impact direct sur la croissance économique ainsi que sur le marché de l'emploi. 

Les preuves sont les plus évidentes dans des pays comme Singapour, la Thaïlande et le Vietnam où les secteurs directement ou indirectement liés au tourisme (par exemple, aviation, voyages, hébergement) ont été gravement touchés.

Ces dernières années, le secteur touristique vietnamien s'est considérablement développé, grâce aux efforts  du gouvernement en matière de politique des visas. Le nombre de touristes au Vietnam a atteint un record de plus de 18 millions en 2019, générant un chiffre d'affaires de 33 milliards de dollars, soit 12,5% du PIB. Près de 80% des touristes viennent d'Asie, les deux principaux marchés étant la Chine et la Corée du Sud avec 56%. Les touristes chinois représentent à eux seuls  un tiers du nombre total de visiteurs au Vietnam, équivalent à la Thaïlande et loin devant les pays voisins de la région, qui n'est que de 15 à 20%.

Le Vietnam n'a accueilli que 3,8 millions de visiteurs en 2020 et le nombre total jusqu'à présent en 2021 est inférieur à 1% du total en 2019. En raison de l'absence de visiteurs internationaux, l'hébergement, les transports et la restauration n'ont pas pu réellement se remettre.

Le tourisme intérieur a également été ébranlé lorsque l'épidémie de variant Delta est apparue à la fin du deuxième trimestre.
 
Environ 10% de la main-d'œuvre vietnamienne est concentrée dans les services d'hébergement, de transport et de divertissement, qui sont tous étroitement liés au tourisme.

Lorsque l'industrie «sans fumée» s'est arrêtée, environ 60% des travailleurs ont perdu leur emploi en 2020, 90% en arrêt de travail en mai 2021. Bien qu'il n'y ait pas de statistiques détaillées sur l'impact, les données de l'Office général des statistiques montrent que plus de 2 millions de travailleurs du secteur des services sont tombés au chômage au troisième trimestre, les revenus ont baissé de 15% en glissement trimestriel.

En outre, l'excédent du compte courant du Vietnam se réduit progressivement. Auparavant, le Vietnam connaissait un déficit de services d'environ 3 milliards de dollars par an en moyenne, mais le déficit a diminué de moitié pour atteindre 1,5 milliard de dollars en 2019 grâce à un nombre record de touristes. Cependant, avec la stagnation du tourisme depuis 2020, le déficit élevé des services a fait fluctuer fortement le compte courant. Bien que l'impact puisse ne pas être clair en 2020, même avec un déficit de services record de 10 milliards de dollars, l'excédent du compte courant  est toujours à un très bon niveau, représentant 5,5% du PIB annuel, la cause première étant  la croissance exceptionnelle des exportations alors que les importations diminuent.

Cette année, avec un ralentissement des exportations au troisième trimestre et une reprise des importations après un faible effet de base, le resserrement de l'excédent commercial ne suffira probablement pas à combler les déficits des services et des revenus secondaires. Il est fort probable que le compte courant soit légèrement déficitaire à 1,1% du PIB. Cela aura un impact direct sur la monnaie vietnamienne, le déficit du compte courant exercera une pression à la baisse sur le prix du dong. L'impact sera plus prononcé en 2022 lorsque le dong s'affaiblira davantage.

HSBC estime que le succès de la reprise du secteur du tourisme dépendra de nombreux facteurs. Premièrement, les taux de vaccination nationaux sont encore faibles et la situation actuelle de Covid-19 peut créer une appréhension. Vient ensuite l'absence de touristes chinois, qui représentaient autrefois un tiers de toutes les arrivées au Vietnam, ce qui suggère également que le rebond dans un avenir proche pourrait ne pas se produire. Enfin, davantage d'efforts sont nécessaires pour reprendre les vols internationaux. Il est encourageant de constater que le Vietnam fait beaucoup de progrès dans la préparation du retour des touristes./.

CPV